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Gabriel Coutu-Dumont : musique et science, de visu

Par Julie Ledoux


Gabriel Coutu-Dumont habite Montréal, New York, Berlin et le monde. Au fil de ses rencontres et de son parcours, il crée non seulement un tracé dans l’industrie musicale, mais aussi sa propre représentation visuelle de cette dernière.

Recruté par la Galerie Donald Browne suite à son exposition remarquée Sketches of Synchronicity (en 2009 et 2010), Gabriel Coutu-Dumont ne chôme pas depuis (et avant non plus, d’ailleurs). Déjà bien impliqué dans les festivals multimédias comme MUTEK – pour lequel il a réalisé de nombreuses créations vidéos -, Gabriel se promène plus souvent qu’autrement à l’étranger avec la compagnie Geodezik qui s’occupe de monter et préparer les scènes des plus grands spectacles mondiaux.

Opérant principalement de nuit, avec une équipe de travailleurs oiseaux nocturnes, Coutu-Dumont s’est forgé des séries de créations inspirées de son milieu de travail. « J’ai étudié en photo, mais je l’avais un peu délaissée. Et en tournée, j’ai ressorti mon appareil et c’est comme ça que Sketches of Synchronicity est né. Donc, après n’avoir fait que de la scénographie et de la vidéo, j’ai re-bifurqué vers la photo. Ma pratique a toujours tourné autour de la musique. Je l’utilise comme moteur, mais pas dans la même conception qu’un aspect audio-visuel. J’ai fait la paix avec le côté plus romantique de l’art où on se dit qu’on est pur. Je veux que ma pratique serve à quelque chose. Je veux parler de l’industrie de la musique au lieu de m’inventer quelque chose sur des pattes de chaises. C’est une erreur, je crois, de faire de l’art pour fitter dans un milieu. Il faut rester en contact avec qui on est, dans tout ça. »

En plus de son travail personnel et professionnel, Gabriel Coutu-Dumont a aussi participé à un projet humanitaire d’envergure internationale : Grubb. L’artiste a non seulement réalisé la conception vidéo du spectacle, dirigé par Serge Denoncourt, mais a aussi offert des ateliers de photo et de scénographie à Belgrade, en Serbie, aux jeunes du projet, entre 2009 et 2011. « Les flots qui font partie de Grubb, ceux qui sont les principaux acteurs et chanteurs, on veut qu’ils deviennent les leaders des ateliers. On voulait qu’ils puissent se former entre eux, pour assurer la pérennité du show. Des projets comme ça, quand ça passe, j’embarque à fond! T’sais, faire de l’art, c’est une pratique qui peut parfois être très centrée sur soi-même, et c’est une chance en or de pouvoir aider l’humanité en faisant quelque chose que j’aime, sans nécessairement aller mettre de l’eau sur les plaies d’un lépreux. C’est vraiment une chance inouïe. »

Scénographe, vidéaste, photographe et même musicien à ses heures, Coutu-Dumont entreprend un travail de longue haleine avec son nouveau projet musical, Museum. En collaboration avec son frère Guillaume – déjà bien connu pour son travail au sein de la scène musicale électro -, Gabriel s’est lancé dans un projet qui lui tient à cœur. « Je composais tout seul chez nous avec de vieux claviers, puis je suis allé voir mon frère qui est musicien professionnel pour qu’il m’aide à mixer des trucs, arranger des bobos, etc. Comme il est super occupé, je me disais qu’il allait me donner juste un coup de main. Mais au fur et à mesure, il ajoutait des petits trucs, pour finalement me dire J’aime vraiment ça ce que ça donne, on le fait ensemble! Donc, tant mieux, c’est super cool! Il a trouvé une façon d’apporter au projet, de le façonner, tout en gardant une structure et une approche qui ont du sens en arts visuels, pour moi. C’est de la musique de drogués! »

Si son exposition Long Jeux/LP (présentée à Berlin, en 2009) était axée sur l’aspect iconographique de la musique, sa plus récente expo Living in Different Worlds s’attèle quant à elle à révéler l’atmosphère régnant sur ses lieux de travail : « Imagine que t’es en train de monter un show, avec des machines, backstage, etc. Souvent, on travaille la nuit, dans des arénas vides qui ont l’air de vaisseaux spatiaux. C’est ce que je voulais recréer. Ça contraste avec Sketches of Synchronicity mais il y a un côté slick que je ne perdrai jamais, je crois. Même quand c’est trash, il y a un petit côté eye candy. J’ai longtemps eu de la difficulté à l’assumer, mais maintenant, ça va. C’est parfois mal vu d’avoir une approche plus plasticienne mais je suis plus confortable maintenant car il y a un fond dans ce que je fais, c’est sûr. Je voulais suggérer une atmosphère de science-fiction, tout en laissant une clé pour deviner comment ça a été construit. L’idée, c’est de créer une sensation, sans nécessairement appeler à l’intellect. Le sens se développe de cette manière.»

Living in Different Worlds était présentée jusqu’au 23 juillet à la Galerie Donald Browne, mais se promènera sans doute au cours de la prochaine année. En attendant, il est toujours possible de suivre la carrière de Gabriel Coutu-Dumont par son site web, et d’attendre la venue de son projet Museum.
gabrielcoutudumont.com
geodezik.com
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